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Sortir prendre l’air sans s’intoxiquer

Tu es un adulte concerné par la possibilité de mettre le nez hors de ton domicile régulièrement – au hasard, pour aller travailler ou acheter une baguette ? Tu empruntes les transports, conduis une voiture ou utilises tes pieds ? Tu aimes voyager en avion ou en bateau ? Je t’emmène faire le tour des bons conseils pour t’épargner un maximum de polluants lors de tes sorties.

Selon que tu es plutôt un parisien confirmé, un activiste écolo secrètement amoureux de sa voiture ou un baroudeur de 80cm en poussette, tu n’es pas nécessairement confronté aux mêmes moyens de transport. L’article est divisé en paragraphes faisant chacun référence à un type de transport. Il y en a pour tous les goûts. Même pour les piétons.

A pieds

Pour commencer avec le moyen de transport le plus couramment utilisé – à savoir, les pieds – il y a quelques petites astuces à connaître pour éviter de se prendre toute la pollution dans le visage à chaque sortie. Oui, oui, l’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur, mais ce n’est pas une raison pour respirer à pleins poumons les particules fines si tu peux les éviter.

Choisir un chemin moins emprunté, surtout en heure de pointe ou en cas de bouchons, te permet de réduire fortement ton exposition aux particules fines et aux gaz d’échappement. Le bénéfice est non négligeable dès lors que tu t’éloignes de quelques mètres d’une route très passante. C’est encore mieux si le trajet alternatif est totalement ou en partie piéton, ou encore, séparé des axes principaux par des immeubles ou des arbres. Et en plus c’est moins stressant et souvent moins dangereux. Sauf si tu prends une ruelle sombre sur laquelle donnent les arrière-cuisines de Paris, mais là je peux plus rien pour toi.

En poussette

Les recommandations pour les piétons sont applicables aux bébés de sortie. Que ça soit en porte-bébé, à pieds ou en poussette, privilégie les petites rues. Mais si tu n’as pas le choix du trajet ou que tu finis quand même face à des horribles camions, bus et autres scooters, voici quelques conseils :

  • Avant achat de la poussette : préfère un modèle avec une assise élevée. Les mini-poussettes sont à la mode et semblent bien pratiques, mais elles ont l’inconvénient de positionner le bébé très bas… à hauteur des pots d’échappement !
  • Quand tu patientes au passage piéton : recule la poussette au maximum du bord du trottoir. En plus d’être dangereux – je vois trop de roues de poussettes frôler la route pendant que le parent attend sagement, bien en sécurité sur son trottoir ! – l’enfant assis à quelques centimètres de la route est très exposé aux rejets des véhicules qui défilent devant lui. Se positionner le plus loin possible tant que le petit bonhomme n’est pas vert a donc double intérêt !
  • Lors des pics de pollution, en cas de grosse chaleur ou de brouillard, privilégie le portage à la poussette. C’est à ces moments que les émissions toxiques sont les plus importantes. De même, évite la promenade aux heures de pointe, même si ça te fait du bien de voir plein de gens normaux pendant ton congé mat’…
balade en poussette

En vélo ou trottinette

Nous ne traiterons pas le cas des trottinettes électriques, aberration écologique selon moi… Mais bon, allez, tu es autorisé à lire même si tu roules au nucléaire… (je t’invite à lire ça quand même au passage, pour en apprendre plus sur les centrales : Savoir réagir en cas de catastrophe technologique).

Ici aussi, prendre un chemin de traverse s’avère plus sain, en plus d’aider à ta sécurité. Les voies cyclables commencent à émerger sur le territoire, mais elles se résument bien souvent à un simple marquage à même la route. Le cycliste est pourtant à risque : l’exercice augmente le nombre de respirations par minute et la quantité d’air respiré… donc il en va de même avec les polluants de l’air que tu absorbes en plus grandes quantités lors d’un effort physique !

Bon la question se pose moins si ton vélo ou ta trottinette sont électriques bien sûr… ok, ok, j’arrête.

Par ailleurs, utiliser un masque simple ou mettre une écharpe devant son visage ne sert absolument à rien. Les gaz les traversent autant que l’air, et les particules fines et ultra-fines qui nous posent ici problème n’ont que faire de ton bout de tissu. Les masques dits « anti-pollution » ne sont pas toujours très efficaces non plus, selon les études qui en ont été faites. Il faudrait déjà penser à bien changer le filtre et ne pas en profiter pour emprunter les rues les plus fréquentées en se sentant protégé !

En métro, RER et autre train souterrain

Si tu es amené à prendre le métro ou le RER, tu es aussi probablement amené à l’attendre, parfois de longues minutes. De nombreuses études ces 10 dernières années ont soulevé le problème de la qualité de l’air dans les stations souterraines des grandes villes comme Paris ou Marseille. Il s’avère que le freinage des trains libère des particules fines métalliques et que celles-ci sont éparpillées dans l’air lors des passages des rames. La présence de ces particules est plus élevée en sortie et entrée de tunnel : ne te positionne pas en bout de quai pour attendre ton train, préfère le milieu du quai ou une partie en extérieure quand elle existe.

Une autre source de pollution de l’air intérieur des stations est… l’air extérieur lui-même ! Les systèmes de ventilation des souterrains donnent trop souvent sur les bords des routes passantes. Les polluants émis par les véhicules se retrouvent alors aspirés et coincés dans les sous-sols. Par mesure de précaution, ne te plante pas devant la soufflerie d’une bouche d’aération, tu ne sais pas ce qui y circule !

Heureusement, ce problème est pris très au sérieux et de nombreuses mesures d’assainissement de l’air sont étudiées. Mais en attendant, ça pue dans le métro !

train metro tgv

En TGV

Le TGV est le moyen de transport le plus efficace et le plus écologique à ce jour pour les très grandes distances, bien qu’il circule grâce à l’énergie nucléaire – mais ça, on a dit que c’était un autre problème. Le petit souci avec le TGV réside dans les ondes électromagnétiques qu’on y reçoit. Elles peuvent être de deux sortes :

  • Celles liées au fonctionnement du train, qui proviennent des câbles d’alimentation, au-dessus des rames
  • Et celles liées à l’utilisation des appareils connectés à la 4G ou du téléphone portable lors d’un appel

Pour les câbles d’alimentation, la partie haute du train est plus fortement exposée car elle se situe juste en-dessous, à quelques centimètres à peine des fils. Privilégie simplement une place dans la salle basse pour diminuer ton exposition.

En ce qui concerne l’utilisation de la 4G ou du réseau mobile, c’est un peu plus compliqué… Avec le mouvement très rapide du TGV, les appareils sont en perpétuelle recherche de l’antenne relais la plus proche. Or c’est dans cette action de recherche que les émissions sont les plus importantes. Si tu peux, coupe ton téléphone lors du trajet ou, tout du moins, coupe les données internet et privilégie la wifi disponible à bord. Ou alors, lis un livre. Ou regarde passer les vaches par la fenêtre.

En voiture

Tu crois qu’en voiture, tu pollues mais tu n’es pas pollué ? Tu te trompes ! Il y a deux problématiques non négligeables dans la voiture : l’air dans l’habitacle et… les ondes électromagnétiques.

La qualité de l’air dans l’habitacle

Dans une voiture, tu reçois plus de pollution qu’en vélo ! En effet, l’air intérieur dans la voiture est vraiment TRES pollué. Il l’est tout d’abord à cause des plastiques et autres constituants de l’habitacle. Plus ta voiture est récente, plus les matériaux vont relarguer différentes substances toxiques. On y retrouve des COV – composés organiques volatiles – comme le formaldéhyde ou des retardateurs de flamme bromés contenus dans les mousses des sièges, par exemple.

L’air dans le véhicule contient aussi les polluants provenant de l’extérieur. Les systèmes de ventilation et de climatisation font entrer la pollution dans l’habitacle, où elle se retrouve piégée. Les concentrations en polluants sont particulièrement élevées si le véhicule devant le tien émet beaucoup, ou si tu es dans les bouchons, dans un parking ou dans un tunnel. On y retrouve aussi des moisissures et des acariens, responsables d’allergies ou d’irritations.

Pense donc à ouvrir les fenêtres en faisant un petit courant d’air régulièrement, quand tu es à l’extérieur, dans une zone de faible fréquentation. Evite aussi de laisser s’accumuler trop de poussière au sol et sur les sièges. Et bien entendu, on ne fume pas en voiture, même fenêtres ouvertes et on n’accroche pas de pastille, sapin ou autre gadget parfumé, qui sont pires que tout !

L’exposition aux ondes électromagnétiques

Les ondes électromagnétiques en voiture sont principalement liées à l’utilisation du téléphone portable – évidemment, jamais par le conducteur, mais uniquement par les passagers… Tout comme lors d’un trajet en TGV, lorsque la voiture est en mouvement, le mobile cherche l’antenne la plus proche et émet donc plus fortement. A cela s’ajoute un effet de résonnance de l’habitacle, appelé aussi « cage de Faraday » : l’effet des ondes est amplifié dans la voiture.

Si tu peux, coupe totalement ton téléphone pendant un trajet en voiture. Et si ce n’est pas possible de le demander aux autres passagers, ou si tu oublies de le faire, essaye au moins de ne pas garder la 4G allumée. Malgré le kit main-libre ou le bluetooth, mieux vaut réaliser toutes tes communications hors du véhicule.

En avion

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Dans un avion, tu es exposé aux rayonnements cosmiques et à un air… de qualité douteuse.

Le rayonnement cosmique

Question rayonnements, si tu ne prends l’avion qu’une ou deux fois par an, tu prends peu de risques, les doses radioactives reçues sont vraiment très faibles. En revanche, si tu aimes utiliser l’avion pour faire des week-ends prolongés plusieurs fois dans l’année ou si tu fais des Paris-New-York régulièrement pour le travail, tu commences à être un peu plus exposé. On relativise, le danger n’est malgré tout pas très élevé, mais disons que tu entames bien ton capital de « rayonnements acceptables » par an.

Dans les sources, en fin d’article, tu trouveras un lien qui te renvoie vers un site proposé par l’IRSN – Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. Il t’explique tout à ce sujet, et te met à disposition un outil de calcul des doses de rayonnements reçues pour chaque vol réalisé.

L’air vicié des cabines d’avion

On en parle peu, c’est pourtant une véritable catastrophe pour le personnel naviguant, les voyageurs professionnels ou les personnes sensibles : l’air intérieur des avions est vicié. La ventilation dans les avions se fait par extraction de l’air extérieur au niveau des turbines. C’est-à-dire que l’air traverse le moteur des réacteurs… se chargeant ainsi de multiples substances toxiques. Tu peux en apprendre plus sur ce phénomène en cherchant sous le terme « syndrome aérotoxique ».

Le risque est réel en cas de forte contamination de l’air ou si tu empruntes souvent ce moyen de transport. Les professionnels de l’aviation le connaissent bien, ils en sont trop souvent victimes, avec des symptômes divers parfois très handicapants ! Tu ne peux rien faire pour éviter ça, si ce n’est arrêter de prendre l’avion, ce qui entre nous, sera un geste écologique fort alors… à bon entendeur…

En bateau

Si l’envie ou le besoin te pousse à sortir respirer les embruns sur le pont, sache que la fumée noirâtre qui sort de ton petit navire n’est pas aussi douce que la brise marine pour tes poumons. Différentes études ont été menées ces dernières années et leurs conclusions sont alarmantes ! D’après les mesures de France Nature Environnement en 2015 et 2016, l’air sur le pont d’un bateau de croisière dans le port de Marseille contient 70 fois plus de particules ultra-fines – les plus dangereuses pour la santé – que l’air dans la ville, à la circulation pourtant très dense.

Une enquête britannique a montré de son côté qu’un navire de croisière pouvait émettre en une seule journée, autant de particules ultra-fines qu’1 million de voitures ! Ces polluants sont évidemment très concentrés dans l’air sur le pont, et peuvent doubler voire tripler aux abords des cheminées. De quoi revoir son envie de croisière, à bronzer sur un transat, les cheveux au vent…

Sources :

Bébé en poussette, article de l’association Respire et étude de l’ASEFAssociation Santé Environnement France : https://www.respire-asso.org/enfants-et-pots-dechappements-un-nez-a-%C2%AB%C2%A0nez%C2%A0%C2%BB-dangereux/

Airparif explique la pollution dans le métro : https://www.airparif.asso.fr/pollution/air-interieur-metro

Un article sur l’utilité limitée des masques anti-pollution en vélo : http://www.leparisien.fr/societe/sante/les-masques-antipollution-sont-inefficaces-18-07-2018-7824648.php

Le rayonnement cosmique en avion expliqué ici : https://www.sievert-system.org/#Home et l’outil de calcul des doses reçues disponible sur le même site ou ici : https://www.sievert-system.org/#Calcul

Airparif sur la pollution de l’air dans la voiture : https://www.airparif.asso.fr/pollution/air-interieur-voiture et quelques bons conseils d’AtmoSud : https://www.atmosud.org/article/la-pollution-linterieur-des-vehicules

France Nature Environnement, conclusions sur la pollution de l’air des bateaux à Marseille : https://www.fne.asso.fr/dossiers/linsoutenable-pollution-de-lair-du-transport-maritime-navire-bateaux-croisi%C3%A8res et l’article sur les investigations en Grande-Bretagne sur les bateaux de croisière : http://www.actunautique.com/2017/07/un-paquebot-de-croisiere-emet-autant-de-particules-fines-qu-un-million-de-voitures.html

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